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Laboratoire ArAr

Archéologie et Archéométrie

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page de base Méthodologie de l’identification des lieux de l’artisanat et du commerce dans les villes antiques

Méthodologie de l’identification des lieux de l’artisanat et du commerce dans les villes antiques

Rencontres Franco-Suisses sur l’artisanat urbain

© Benjamin Clément

Organisation : Benjamin Clément, Université Franche-Comté, Marine Lépée, laboratoire ArAr, Université Lyon 2, UNIL
- vendredi 15 novembre 2019 - de 9h à 17h - salle Reinach - 4e étage - MOM - 7 rue Raulin - Lyon 7e
- affiche (.pdf)

Programme de la journée :

9h : Accueil des participants 
9h15 : Introduction - M. Lépée et B. Clément 
9h30 : L’architecture domestique en Gaule du Nord et la place des locaux de production et de commerce
Rémi Auvertin (Univ. Lille 3) 

10h15 : pause 

10h30 : Les critères d’identification des lieux de commerce dans la vallée du Rhône : réflexions méthodologiques
Marine Lépée (Univ. Lyon 2 / Univ. Lausanne) 
11h15 : Identifier la fonction des espaces au sein de l’habitat modeste. Une confrontation des indices archéologiques sur le site de Vidy-Boulodrome (CH)
Fanny Lanthemann (Univ. Lausanne) ; Louise Rubeli (Service Archéologique de Fribourg) ; Antoine Rochat (Univ. Lausanne) 

12h : repas 

14h : Identifier et documenter les vestiges de l’artisanat des métaux. Le cas des quatre ateliers métallurgiques du site de Vidy-Boulodrome (CH)
Claudia Lozano (Univ. Lausanne) 
14h30 : Reconnaissance des espaces économiques et évolution d’un bloc-boutique de la Colonia Vienna (Sainte-Colombe).
Benjamin Clément (Univ. Franche-Comté) 
15h : De l’eau dans la boutique : analyse des réseaux d’évacuation en contexte artisanal/commercial
Jean-Baptiste Lebret (Univ. Montpellier 3) 

15h30 : pause 

15h45 : L’hébergement collectif en milieu urbain : reconnaissance des édifices et des activités associées
Gaëlle Morillon (Univ. Lyon 2) 
16h15 : Les espaces de transformations alimentaires dans les maisons égyptiennes de l’époque gréco-romaine (IIIe s. av. J.-C. jusqu’au Ier s. apr. J.-C.)
Rim Saleh (Univ. Lyon 2) 

16h45 : conclusion

 Résumés

L’architecture domestique en Gaule du Nord et la place des locaux de production et de commerce
Rémi Auvertin (Univ. Lille 3)

L’habitat de Gaule septentrionale se démarque par son extrême hétérogénéité, tant dans les matériaux de construction retenus que dans les plans observés. L’état d’arasement des structures, cause de la disparition générale des niveaux de circulation et équipements, limite fortement les interprétations sur les modes d’occupation ou sur les fonctions de la maison ; à ce titre, les sites de Bliesbruck et de Reims, bien connus de la recherche française, sont des exceptions plutôt que la norme. La confrontation de plus de 500 maisons, issues de 70 villes et agglomérations entre Seine et Rhin, permettra de dégager au cours de cette communication les grandes caractéristiques typologiques et fonctionnelles de l’habitat et d’illustrer quelques modèles de circulation dans la maison. Ces considérations générales permettront de rendre compte de la place des activités de vente et de production dans et autour de la maison et seront suivies d’études de cas (Xanten, Valkenburg, Jupille-sur-Meuse) illustrant les principales problématiques dans la région ; on mettra notamment en avant l’importance des fonds de parcelle.

La communication s’appuiera sur les observations faites au cours d’une thèse de doctorat sur l’habitat d’agglomération en Gaule septentrionale, soutenue en 2018, complétées par des recherches récentes sur l’habitat tardif.

Les critères d’identification des lieux de commerce dans la vallée du Rhône : réflexions méthodologiques
Marine Lépée (Univ. Lyon 2 / Univ. Lausanne)

Les échanges du quotidien et le commerce de détail sont des réalités récurrentes au sein de l’espace urbain antique, en particulier dans une zone géographique aussi dynamique du point de vue économique qu’est la Vallée du Rhône, connue pour les échanges à longue distance qui la parcourent. Le cadre matériel de ces activités n’est pas toujours facile à identifier : du point de vue méthodologique, il importe avant toute chose de cibler les critères d’identification qui président au recensement des locaux commerciaux et de souligner les difficultés rencontrées dans cette opération. Il s’agira de combiner des critères architecturaux, topographiques et mobiliers.

Cette communication présente des réflexions issues d’un travail doctoral en cours mené à l’Université Lyon 2, en cotutelle avec l’Université de Lausanne, centré en particulier sur les sites de Vienne/Saint-Romain-en-Gal/Sainte-Colombe, Lyon et Lausanne.

Identifier la fonction des espaces au sein de l’habitat modeste. Une confrontation des indices archéologiques sur le site de Vidy-Boulodrome (CH)
Fanny Lanthemann (Univ. Lausanne) ; Louise Rubeli (Service Archéologique de Fribourg) ; Antoine Rochat (Univ. Lausanne)

La fouille-école de Vidy-Boulodrome, située dans le vicus de Lousonna, a permis de mettre au jour les vestiges de trois grandes parcelles mitoyennes sur lesquelles se développent plusieurs bâtiments datés entre le Ier et le Ve siècle de notre ère. Maisons d’artisans-commerçants, ces édifices abritaient à la fois les activités domestiques et économiques des habitants du quartier. Dès lors, la caractérisation des occupations au sein des espaces bâtis soulève une question méthodologique. Identifier les indices archéologiques, liés à l’architecture des bâtiments et aux structures qui s’y trouvent, permet de proposer des fonctions pour les différents locaux, hypothèses qui doivent être confrontées aux attributions fonctionnelles du mobilier découvert en abondance sur ce site.

Identifier et documenter les vestiges de l’artisanat des métaux. Le cas des quatre ateliers métallurgiques du site de Vidy-Boulodrome (CH)
Claudia Lozano (Univ. Lausanne)

L’étude des déchets (scories, chutes, battitures, etc.) et des structures métallurgiques peut, de prime abord, paraître hostile et laborieuse. Pour autant qu’on leur accorde le soin qu’ils méritent, ces vestiges peuvent pourtant receler quantité d’informations. Sur un site archéologique donné, ils sont d’ordinaire les meilleurs, parfois aussi les seuls, témoins du quotidien des artisans ayant exercé sur place.

Sur le site de Vidy-Boulodrome, pendant presque un siècle et demi, quatre ateliers métallurgiques s’implantent successivement en bordure de trois parcelles voisines. La complexité des vestiges et la profusion du mobilier issus de l’artisanat des métaux ont rendu nécessaire un travail de synthèse, indépendant des autres études de terrain et de mobilier. Celui-ci a permis de mieux caractériser la nature, la distribution et l’intensité de l’activité qui se déroulait dans chacun des espaces de travail. Focalisées dans un premier temps sur chaque atelier, ces réflexions individuelles sont désormais confrontées afin de mieux comprendre le lien qui unit ou non ces ateliers à travers le temps. Couplées aux autres études de l’artisanat métallurgique dans le vicus, ces nouvelles données visent à actualiser et approfondir nos connaissances sur la place du travail du fer et du cuivre à Lousonna.

Reconnaissance des espaces économiques et évolution d’un bloc-boutique de la Colonia Vienna (Sainte-Colombe)
Benjamin Clément (Univ. Franche-Comté)

C’est à l’occasion d’une fouille préventive menée par Archeodunum en 2017, à Sainte-Colombe, qu’a été mis au jour un complexe économique aménagé le long de la voie dite de Narbonnaise. Il est composé d’une succession d’espaces tripartites (boutique, habitat, arrière-boutique) au rez-de-chaussée, et d’appartements locatifs indépendants à l’étage. À travers l’analyse de cet édifice, particulièrement bien préservé et qui a fonctionné durant plus de trois siècles, nous tenterons de questionner la nature et l’évolution des activités artisanales d’un secteur suburbain de la colonie romaine de Vienne.

De l’eau dans la boutique : analyse des réseaux d’évacuation en contexte artisanal/commercial
Jean-Baptiste Lebret (Univ. Montpellier 3)

Dans le cadre d'une thèse consacrée aux réseaux d'évacuation des eaux en contexte urbain dans la province de Gaule Narbonnaise, les installations évacuatrices de six agglomérations ont été étudiées dans le détail : Fréjus, Glanum, Narbonne, Nîmes, Orange et Vienne.
Plusieurs de ces études ont permis d’observer des structures évacuatrices circulant au sein d’espaces artisanaux et/ou commerciaux. Au travers de ces exemples, il s’agira de montrer s’il est possible, exclusivement au regard de ces installations, de déterminer si un bâtiment est destiné au stockage, à la vente et/ou à une activité artisanale. Outre l’identification formelle des ensembles architecturaux grâce aux évacuations, il sera intéressant de comprendre l’utilité de ces dernières dans chacun des espaces mentionnés.

L’hébergement collectif en milieu urbain : reconnaissance des édifices et des activités associées
Gaëlle Morillon (Univ. Lyon 2)

Les centres urbains antiques sont des lieux de vie, de transit, mais aussi de halte. Dans le cas des déplacements de longue distance, le recours à des établissements d’accueil nécessite de vastes complexes, permettant à la fois l’hébergement des hommes, le logement des animaux de selle, de trait ou de bât, mais aussi le stockage des chariots et des marchandises transportées. Ces diverses installations constituent des nuisances pour la ville, tout comme le trafic routier incessant qu’elles engendrent. Ainsi, elles sont le plus souvent rejetées au-delà des remparts, dans les zones suburbaines. Le contexte urbain stricto sensu s’adresse donc en premier lieu au logement des hommes. Les structures d’accueil sont alors intégrées au tissu urbain et sont similaires à celles qui composent les installations domestiques.

De surcroit, l’hébergement collectif est très souvent associé à d’autres types de commerce (artisanat, vente de nourriture, boisson, etc.), qui sont autant de services mis à la disposition des clients. Cette variabilité constitue autant de critères d’identification complémentaires impliqués dans la reconnaissance de ces établissements d’accueil en milieu urbain.

Les espaces de transformations alimentaires dans les maisons égyptiennes de l’époque gréco-romaine (IIIe s. av. J.-C. jusqu’au Ier s. apr. J.-C.)
Rim Saleh (Univ. Lyon 2)

L’habitat urbain égyptien a fait preuve d’une grande stabilité dans l’architecture et la division de l’espace entre l’Ancien et le Moyen Empire. De façon notable, l’aménagement et la division interne des maisons égyptiennes ont peu évolué pendant la Basse Époque (milieu VIIIe s.-début IVe s. av. J.-C. Pouvait-il en être de même, quand la conquête gréco-macédonienne (Alexandre et surtout les Ptolémées) entraîna l’arrivée massive et surtout l’implantation de populations hellènes dotées de coutumes et de techniques différentes, mais obligées de s’adapter à des conditions environnementales particulières et contraignantes ? Mon intervention se propose d’analyser l’impact éventuel de ce nouveau contexte socio-politique sur l’architecture (des installations artisano-domestiques « inhabituelles » se développent-elles, en lien avec les goûts de cette nouvelle population ?), mais aussi sur les pratiques alimentaires, le stockage et la transformation des aliments.

Cette enquête s’insère dans le développement récent des études sur l’espace domestique, mais n’est pas toujours facile à mener : elle est d’autant plus complexe qu’il faut compenser la disparition de nombreux objets et structures découverts lors des fouilles du XIXe s. jusqu’à la deuxième partie du XXe s. : les contextes n’ont pas toujours été étudiés (par exemple au Fayoum où les fouilles anciennes s’intéressaient avant tout aux papyrus), ou bien ont disparu (éléments réutilisés ailleurs ou déplacés pour occuper l’espace différemment) sans laisser de traces.

© Benjamin Clément

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