UMR 5138

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Laboratoire ArAr

Archéologie et Archéométrie

Image oiseau MOM

St André le Haut, Vienne

Abbaye St André le Haut

Vienne

Responsables

Anne Baud, maître de conférence Université Lyon 2 et Monique Zannettacci, Archéologie municipale de Vienne

Composition de l'équipe

  • Anne Flammin, ingénieur d'étude au laboratoire Archéométrie et Archéologie
  • Alexia Supryk, anthropologue, mairie de Vienne
  • Ch. Gaillard, doctorante au laboratoire Archéométrie et Archéologie
  • Etudiants de l’Université Lyon2, avec la collaboration de H. Savay-Guerraz (musée gallo-romain de Lyon Fourvière)

Présentation

L’abbaye de Saint-André-le-haut appartient au premier patrimoine monastique de Vienne. Elle fut fondée au début du VIe siècle à flanc de colline, à proximité du théâtre antique sur le lieu dit « de  Mars ». Le monastère destiné à une communauté de femmes, adopte la règle de saint Léonien alors retiré dans un ermitage à proximité de la ville. Son développement est peu connu jusqu’au XIe siècle, période à laquelle le monastère est réformé par les bénédictines de Saint-Césaire d’Arles. Plus tard, au XVIe siècle, l’abbatiale accueille la paroisse. A la Révolution, les bâtiments sont réhabilités en immeuble d’habitation jusqu’en 1990.

Abbaye St André le Haut (Vienne)

Les récentes recherches archéologiques menées dans l’abbaye Saint-André-le-Haut à Vienne ont été particulièrement fructueuses. Elles ont essentiellement porté sur l’église abbatiale où plusieurs campagnes de fouilles ont été menées depuis une dizaine d’années. 

L’étude archéologique du site a permis de restituer plusieurs phases d’occupation depuis l’Antiquité. La première se caractérise par la présence de deux aqueducs d’orientation nord-est / sud-ouest qui s’insèrent dans un réseau plus important en parti déjà étudié. Il semblerait que d’importants travaux de remblaiement précèdent l’implantation du monastère dont il ne subsiste actuellement aucune trace tangible exceptée, peut-être, une ébauche d’abside. Par ailleurs, une série d’inhumations antérieures à l’an Mil a été mise au jour ; celles-ci ne peuvent être encore rattachée à aucun bâti.

Le premier édifice reconnu correspond probablement aux reconstructions suscitées par l’arrivée des moniales d’Arles. Il s’agit d’une église à nef unique terminée à l’est par une abside avec crypte. Cette dernière entièrement fouillée présente un plan à trois nefs divisées en trois travées. Elle possède à l’est une absidiole sans doute destinée à un reliquaire ; dans l’axe de celle-ci, les traces de supports seraient les vestiges d’un petit autel. Enfin, la crypte n’est desservie que par un escalier unique situé au sud ; au nord, un espace également privilégié serait réservé au culte de reliques. A l’ouest, entre la première et deuxième travée actuelle, les traces d’une première façade ont été retrouvées :. L’étude des maçonneries comprenant l’analyse des mortiers, a permis de mettre en évidence les différentes parties de l’élévation primitive conservée.

Dans un deuxième temps, vers 1200, l’église est agrandie par l’ajout d’une travée occidentale et les deux premières travées sont voûtées d’ogives. L’accès à la crypte est condamné, mais il est possible qu’une autre circulation soit établie à partir du cloître. 

Crypte Abbaye St André

Au XIVe siècle, le premier chevet et la crypte sont détruits et un nouveau sanctuaire est édifié à l’emplacement du précédent. L’église est totalement voûtée. Au nord, un clocher abrite au premier niveau le chœur des moniales. On suppose qu’auparavant celles-ci se tenaient en haut de la nef. Au XVIe siècle, une tribune monastique établie dans la première travée semble doubler la précédente dont l’ouverture est réduite par un arc surbaissé.

L’évolution du bâti accompagne l’évolution liturgique que connaît le monastère au cours des siècles : présence et destruction de la crypte, variation de l’emplacement du chœur et des barrières liturgiques, diversité des accès. Les prochaines campagnes archéologiques permettront d’affiner ces différents aspects et sans doute de mieux cerner la question des origines.

Bibliographie

(Rapport de fouille, articles, ouvrages)

  • A. Baud, M. Zannettacci, avec le collaboration de A. Flammin et C. Gaillard, « Vienne, Saint-André-le-haut », Rapport de DFS 2011, Drac SRA Rhône-Alpes 
  • A. Baud, M. Zannettacci, « Ancienne abbaye Saint-André-le-Haut à Vienne », Rapport intermédiaire, 2009, Drac, SRA Rhône-Alpes 
  • A. Baud, I. Parron M. Zannettacci, Vienne Saint-André-le-Haut, Rapport intermédiaire,, 2007, Drac SRA Rhône-Alpes 
  • A . Baud, I. Parron M. Zannettacci, Vienne Saint-André-le-Haut, Rapport intermédiaire, 2004, Drac SRA Rhône-Alpes 
  • A. Baud, I. Parron M. Zannettacci, Vienne Saint-André-le-Haut, Rapport intermédiaire, 2003, Drac SRA Rhône-Alpes

Légendes photos : mur gouttereau sud et crypte : Vue générale de la crypte en cours de fouille © DR

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