UMR 5138

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Laboratoire ArAr

Archéologie et Archéométrie

Image oiseau MOM

[Programme cofinancé] PCR Loyettes

PCR « Étude typologique, technologique et contextuelle du dépôt de l'âge du Bronze de Loyettes (Ain) »

Coordinateur : Fabien Delrieu

Le dépôt

Le dépôt a été découvert en 2003 par les propriétaires d'une parcelle agricole lors du dessouchage d'une haie arbustive. Ce n'est qu' 2012, après avoir pris conscience de la valeur patrimoniale et scientifique de l'ensemble, qu'ils ont pris soin de contacter le SRA Rhône-Alpes afin de déclarer leur découverte.
Ce projet collectif de recherche se propose donc de travailler dans un cadre pluridisciplinaire afin d'étudier et de caractériser ce dépôt dont l’attribution chronologique peut être située entre le Bronze A2 et le Bronze B.

Une des hache-lingots du dépôt de Loyettes (Ain, cliché Jean-Marie Refflé, DRAC Rhône-Alpes)

Une des hache-lingots du dépôt de Loyettes (Ain, cliché Jean-Marie Refflé, DRAC Rhône-Alpes).

Cet ensemble métallique comprend 69 haches qui semblent, aux dires des découvreurs, correspondre à un dépôt unique. La particularité de cet ensemble réside dans le fait que l'intégralité des haches donne l’impression qu’elles ont été déposées peu de temps après avoir été coulées. En effet, aucune d'entre elles n'a été ébarbée ou martelée. Plusieurs exemplaires possèdent encore une masselotte à l'extrémité du talon. Plusieurs autres masselottes désolidarisées de leur hache d'origine ont également été retrouvées associées au dépôt.

L'ensemble de ces haches correspond au type des haches à rebords qui couvre chronologiquement les Bronze A2 et B ; il faut cependant signaler la présence d'un unique exemplaire de hache à talon naissant d'un type généralement attribué au Bronze B.

L'assemblage de Loyettes prend place dans un corpus de dépôts européens, relativement étoffé et dont l'aire de répartition correspond globalement à la zone circum-alpine. Les haches composant ces dépôts sont généralement associées à la fonction de lingot comme l'atteste leur composition qui correspond à un cuivre presque pur. Cette interprétation fonctionnelle est pour l'heure la plus répandue en Europe. L'attribution chronologique des « hache-lingots » reste cependant difficile à déterminer. Elle est généralement associée au Bronze A2 en Europe centrale, Italie et dans le sud de la France où aucun autre élément métallique n'est associé à ces assemblages.

Le programme de recherche

Le projet collectif de recherche est composé d'une équipe pluridisciplinaire dont la composition permet d'étudier le dépôt d'un point typologique, technologique et contextuel. En effet, la particularité de cet ensemble réside dans le fait que la localisation précise de sa découverte est connue et permet donc d'envisager des investigations de terrain qui permettront de préciser les modalités de déposition ainsi que le contexte paléo-environnemental et humain dans lequel cet acte a eu lieu. Ces éléments pourraient permettre de renouveler la problématique visant à préciser la fonction de ces accumulations d'objets en alliage cuivreux. En ce sens, des prospections pédestres et géophysiques suivies de sondages archéologiques devraient permettre de documenter le contexte de déposition. La détermination des rapports isotopiques du plomb permettront de replacer la métallurgie mise en œuvre pour ce dépôt dans le cadre de l’exploitation et de la circulation des matières premières dans la Vallée du Rhône.

Dans ce programme, sera également intégré le dépôt de Ternay (69) qui présente une parfaite correspondance typologique avec celui de Loyettes et qui n'a jamais fait l'objet d'une étude de ce type. L'intégration du dépôt de Ternay à cette étude est aussi due à l'observation de stigmates de coulée identiques entre les deux dépôts qui peuvent permettre d'envisager l'utilisation du ou des mêmes moules lors de la coulée des haches composant ces deux ensembles métalliques.

Le programme de recherche, d'une durée de trois années devrait aboutir à une publication de synthèse sur ces deux assembles métalliques.

Pistes bibliographiques

  • BOCQUET (Aimé), Catalogue des collections préhistoriques et protohistoriques, musée Dauphinois, 1969.
  • CHARDENOUX (Marie-Bernadette), Haches de cuivre et de bronze et outils apparentés du sud-est de la France, Paris, 1981.
  • GASCO (Jean), Les composantes de l'âge du bronze, de la fin du chalcolithique à lâge du bronze ancien en France méridionale, CYPSELA, 2004, no15,pp. 39-72 .
  • GUTHERZ (Xavier), Quelques réflexions sur l'origine et la chronologie du Bronze ancien dans le sud-est de la France, in L'Homme méditerranéen, Mélanges offerts à G. Camps, LAPMO : publications de l'Université, Aix-en-Provence, pp. 375-401.
  • NICOLARDOT (Jean-Pierre) et VERGER (Stéphane), Le dépôt de Granges-sous-Grignon (Commune de Grignon, Côte-d'Or), in MORDANT (Claude), PERNOT (Michel et RYCHNER (Valentin), L'atelier du bronzier en Europe du XXe  au VIIIe siècle avant notre ère, CTHS, Paris, 1998, pp. 9-32.
  • PEARCE (Mark), The italian Bronze age, 2004.
  • VITAL (Joël), Du néolithique au Bronze moyen dans le sud-est de la France: 2200-1450 av J.-C., CYPSELA, 2004, no15, pp. 11-38.

Composition de l'équipe de recherche :

  • Coordination du projet et investigations de terrain: Fabien Delrieu (SRA Rhône-Alpes, UMR 5138)
  • Étude typologique et technologique des deux dépôts: Muriel Mélin (Chercheur associé à l'UMR 6566) et Henri Gandois (Doctorant Université de Paris 1)
  • Analyses métallographiques des deux dépôts: Cécile Le Carlier de Veslud (CNRS, UMR 6566, Rennes)
  • Étude morphométrique des dépôts: Maréva Gabillot (UMR 6298)
  • Analyses isotopiques du plomb: Florence Cattin (Université de Bourgogne à Dijon, UMR 6298)
  • ontexte archéologique, prospections: Robert Royer (SRA Rhône-Alpes, UMR 5140)
  • Dessin des haches : Véronique Bardel (dessinatrice indépendante)

 

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